Histoire de vie de Mademoiselle Bagré Fatimata

SAULER dans son action de retirer Fati pour le centre pour une prise en charge.

Bagré Fatimata, est une jeune dame âgée de 34 ans, célibataire sans enfants originaire du village Niou à environs 130 km de Ouahigouya le chef-lieu de la région du nord. Elle est issue d’une famille de cultivateurs aux ressources très précaires car dépendant d’une agriculture de subsistance sans maîtrise de l’eau, sans engrais et sans traitement phytosanitaire.

Fatimata est orpheline de mère et de père ; elle vit dans la même cour familiale que son grand-père qui est très âgé (environs 90 ans) avec une santé fragile. Bagré Fatimata a un frère ainé, appelé Bagré Raogo également cultivateur. C’est ce dernier qui s’occupe des différentes dépenses de la famille ainsi que de la prise en charge de ses soins dans des conditions de vie très difficiles. Il faut signaler que dans le système de santé burkinabè, il n’y a pas d’assurance santé, aussi l’ensemble des frais relatifs aux soins, aux examens médicaux, à l’achat des médicaments ainsi qu’aux frais d’hospitalisations sont à la charge des familles.

Le village ne dispose pas de service de soins spécialisé en psychiatrie aussi, la famille est obligée de la conduire à Ouahigouya ou à Yako situées à plus de 100 km de son village pour bénéficier des soins spécialisés ; cela engendre des coûts insupportables pour la famille.

enchainée plus de 5 ans dans un taudis

Face à la situation, la famille ainsi que les proches ont bien tenté de faire soigner Mademoiselle Bagré Fatimata à l’hôpital et ensuite auprès de plusieurs guérisseurs traditionnels de la région. Après plusieurs tentatives sans résultats satisfaisants les parents ont dû abandonner le suivi par faute de moyens financiers.

C’est au cours d’une mission de recherche de famille d’un autre patient stabilisé que Mademoiselle Bagré Fatimata a été récupérée par les animateurs de l’association SAULER. Cela a été rendu possible grâce à des informations fournies par un habitant du village qui avait entendu parler des activités menées par l’association SAULER. Ce dernier connaissait l’action de SAULER en faveur des malades mentaux errants dans la rue grâce aux émissions radiophoniques de sensibilisation régulièrement diffusé en langues locales.

Lorsque les animateurs de SAULER sont arrivés dans la cour familiale où vivait Mademoiselle Bagré Fatimata, ils ont entendu des cris de détresse de la malade depuis la maisonnette où elle vit enchainée depuis six ans.

Fati enchainée

Au cours de l‘entretien entre SAULER et les membres de la famille, le frère ainé de Fatimata déclare : « Nous avons dû l’enfermer, car elle ne reste pas sur place, elle passe son temps à se balader de concession en concession et il lui arriver très souvent de se rendre dans le village voisin où vit sa sœur ainée avec son mari ». Il poursuit, en disant que « nous recevons régulièrement des plaintes pour tentative d’agression, dégâts de matériels, etc. en provenance de tiers personnes ; en plus Fati ne fait que crier jour et nuit, ajoute-t-il ; on n’arrive pas à dormir. Je n’en peux plus de supporter tout ça« .

Avec un tel constat, SAULER a décidé de prendre en charge Bagré Fatimata dans son centre de transit à Ouahigouya. Ce centre a été construit et soutenu par le projet « Second chance » avec l’appui de CBM CH et CBM NZ.

Après 12 mois de séjours au sein du centre, Bagré Fatimata a rejoint la Côte d’Ivoire où elle travaille, comme aide cuisinière dans le restaurant d’une de ses tantes vivant à Abidjan en république de Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, elle jouit de sa liberté et avec l’aide de sa tante, elle arrive à s’insérer progressivement dans la société.

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