Le Projet Seconde Chance : 4 ans, 4 provinces, des centaines de vies transformées

De 2016 à 2019, le Projet Seconde Chance a transformé la prise en charge des personnes vivant avec un handicap psychosocial dans la Région du Nord du Burkina Faso. Porté par l’Association Sauvons Le Reste (SAULER) avec l’appui technique et financier de CBM (Christoffel Blindenmission), il a couvert les quatre provinces de la région — Loroum, Passoré, Yatenga, Zandoma — et permis à des centaines de personnes de retrouver dignité, soins et place dans leur communauté.

Un projet né d'un constat douloureux

Avant 2016, de nombreuses personnes souffrant de troubles mentaux vivaient en situation d’errance dans la Région du Nord. Exposées à la faim, à la violence, au rejet et à la stigmatisation, elles étaient privées de leurs droits les plus fondamentaux : se soigner, se nourrir, être reconnues comme membres d’une famille.

Pour répondre à cette réalité, SAULER et CBM ont conçu une approche globale combinant cinq dimensions :

Un centre d'accueil construit en 2017, au cœur du dispositif

Le centre d’accueil et de transit a été construit à Ouahigouya en 2017, sur un terrain de 1,5 hectare octroyé par la Mairie. Il est devenu le point d’ancrage de toutes les activités du projet.

Le site comprend :

C’est ici que les personnes identifiées dans la rue ou signalées par leur entourage étaient accueillies — selon les places disponibles et les critères d’admission — pour entamer un parcours de réhabilitation.

Le premier accueil : des gestes simples qui rendent la dignité

Le site comprend :

Ces gestes peuvent paraître modestes. Pour des personnes ayant parfois vécu plusieurs années dans la rue ou enchaînées chez elles, ils marquent le passage de l’oubli à la reconnaissance.

Une équipe pluridisciplinaire autour de chaque pensionnaire

Au cœur du projet, une équipe pluridisciplinaire travaillait main dans la main :

Les animateurs de SAULER assuraient la vie quotidienne du centre : réveil, toilette, repas communautaires, prise des médicaments, activités thérapeutiques, accompagnement vers les consultations au CHUR, et coucher selon un agenda concerté avec les autres intervenants.

Au-delà des soins : reconstruire les liens

Le Projet Seconde Chance ne se limitait pas à soigner. Il cherchait aussi à reconstruire les liens brisés entre les patients, leurs familles et leurs communautés.

Pour les personnes stabilisées, SAULER engageait des recherches familiales — souvent à partir de quelques bribes d’informations données par le patient lui-même. Une fois la famille identifiée, un travail de sensibilisation et parfois de médiation était mené pour préparer le retour.

Cette étape était cruciale. Car la maladie mentale reste entourée de préjugés au Burkina Faso comme ailleurs. La réinsertion durable dépend autant du suivi médical que de l’acceptation familiale et communautaire.

Changer le regard de la communauté

En parallèle de la prise en charge individuelle, le projet a déployé des actions communautaires pour lutter contre la stigmatisation :

Ces actions ont contribué, au fil des quatre années, à changer progressivement le regard porté sur les personnes vivant avec un handicap psychosocial dans la Région du Nord.

La réinsertion socioprofessionnelle, étape finale du parcours

Pour les patients stabilisés dont l’état de santé le permettait, SAULER accompagnait aussi la réinsertion socioprofessionnelle. Selon les capacités et les choix de chaque personne, cela pouvait passer par :

L’objectif : permettre à chaque bénéficiaire d’atteindre l’autonomie économique, condition essentielle d’une réinsertion durable.

Ce que ces 4 ans nous ont appris

Le Projet Seconde Chance a démontré qu’une personne vivant avec un handicap psychosocial ne doit pas être condamnée à l’isolement. Avec des soins, de la patience, une équipe engagée et une communauté sensibilisée, il est possible :

Une expérience qui continue

Aujourd’hui encore, cette expérience reste un symbole fort de solidarité et d’humanité. À travers le Projet Seconde Chance, SAULER a offert bien plus qu’un accueil temporaire : l’association a donné à des centaines de personnes la possibilité d’être vues, soignées, accompagnées et reconnues.

Une véritable seconde chance.

Et maintenant ?

Le centre de Ouahigouya continue d’accueillir des bénéficiaires au-delà de la fin officielle du projet en 2019. Mais les besoins restent immenses : alimentation des pensionnaires, soins médicaux, équipements, projet d’incinérateur médical, installation solaire, accompagnement post-sortie. Votre soutien permet à cette seconde chance de continuer.

L'équipe SAULER

Association Sauvons Le Reste
Ouahigouya, Burkina Faso

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